Pollution de l’eau : deux poids deux mesures !

By | 25/01/2017

«Du côté des usagers»   14.

Pollution de l’eau : deux poids, deux mesures, selon que vous serez (très) puissant ou misérable…

Tragi comédie en deux tableaux, sur la mise en œuvre de la politique publique pour la préservation de la qualité de l’eau et de la santé publique…

Premier tableau :

Un habitant d’une riante collectivité du 77, qui s’est équipé d’une microstation (pour laquelle il n’a pas été signé de contrat d’entretien), se voit contraint d’accepter un contrôle annuel de son SPANC, pour la modique somme de 165€ ! (en 10 ans, la redevance a été augmentée de 57% !).

Vérification faite par nos soins, le règlement de service de ce SPANC – qui a été mis à jour sous la poussée d’une association d’usagers locale – prévoit bel et bien, une visite annuelle pour toute « Installation nécessitant une consommation d’énergie pour le traitement des EU (hors pompe de relevage) ». On note au passage que pour les installations « conformes », la périodicité des contrôles de bon fonctionnement par ce SPANC est de … 5 ans !

De toute évidence, nous sommes là en présence d’un service vertueux qui a autant le souci de la préservation du milieu que de ses ressources financières, puisque, pour faire bonne mesure, tous les usagers sont priés de cracher les mêmes 165€ qu’ils soient équipés d’une filière agréée (avec un contrôle annuel décidé par la collectivité) ou traditionnelle « conforme » (contrôlée tous les 5 ans).

Notre particulier, après avoir constaté que ce contrôle annuel de bon fonctionnement était plus que rondement mené (quelques minutes pour un prélèvement de quelques gouttes, en sortie de la station…test avec bandelette ?), a jugé, au bout de 2 contrôles annuels, que la coupe était pleine et qu’il arrêtait les frais…Sauf que, ce faisant, il s’expose au paiement d’une pénalité financière pour refus de contrôle, de…330€, qui lui sera censément appliquée tous les ans !

La préservation de l’eau est à ce prix quand elle s’applique aux citoyens…

(reste que la question du contrôle des installations agréées par le SPANC reste ouverte)

Deuxième tableau :

Dans le même temps, à quelques lieues de là, un autre quidam raconte :

« Pendant une de mes marches, sur les bords de Marne, j’ai pu constater, alors que je me trouvais sur la commune de Neuilly sur Marne, sur le chemin de halage, devant un des bâtiments de l’usine des eaux, qu’un produit noir s’échappait de sous la berge et se répandait dans l’eau de la rivière qui changeait de couleur sur plus de 500 mètres »

Alerté par ses soins, un technicien de la mairie, venu le retrouver sur place, constate, sans pouvoir rien expliquer…

Le promeneur poursuit son témoignage :

« Début novembre, bien avant d’arriver à cet endroit, je m’aperçoit que l’eau de la Marne est très foncée et en arrivant sur les lieux où j’avais constaté la pollution, je constate que du produit noir s’échappe encore de la berge mais cette fois en grande quantité, suffisamment pour faire des remous à la surface … »

Notre marcheur, lanceur d’alerte, recontacte dare-dare le technicien municipal qui lui répond : « qu’il a trouvé d’où venait ce produit noir et que c’était tout à fait normal ! D’après lui, l’usine des eaux nettoie ses filtres une fois par mois et déverse tout dans la rivière et paraît-il, elle en aurait l’autorisation ».

Le citoyen se récrie :

« Cela me semble quand même aberrant de pomper l’eau de la Marne que l’on nous fait boire, à hauteur du pont de Neuilly-sur-Marne et de rejeter toutes les saletés dans la rivière 50 mètres plus bas. Depuis j’ai constaté, à plusieurs reprises à cet endroit, les rejets dans la rivière, ce qui me permet de penser que c’est certainement plusieurs fois par mois que les filtres sont nettoyés»

Ce témoignage est envoyé avec des photos et une vidéo, à la Coordination Eau-Ile-de-France, qui s’empresse de saisir le président du SEDIF (Syndicat d’eau d’Ile de France, délégué à Véolia ; Le SEDIF est le plus grand service d’eau de France !) par un courrier, resté à ce jour, sans réponse. Nous attendons, la réaction du dit président, avec une certaine impatience…

Poussant sa recherche, la Coordination constate que la déclaration d’utilité publique et les autorisations préfectorales permettent à Véolia, le déversement dans la Marne des rejets des eaux de lavage des filtres charbon et la vidange des cuves d’ozone.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là !…

Grâce au concours d’une association de défense de l’environnement, la Coordination découvre, avec stupéfaction, que…

L’usine de Véolia d’Annet-sur-Marne (qui se situe en amont de celle de Neuilly sur Marne) est, elle, autorisée « à vidanger dans la Marne, ses cuves de chlore ainsi que les terres de décantation ! »

Comparaison n’est pas raison, diront certains ?…

Alors que ceux-là, les chefs à plumes, chantres du « principe de précaution » (quand il s’agit des ANC), les affidés des grands fauves qui font la gloire mondiale de la gestion de l’eau à la française, réagissent à ce billet. Nous aimerions comprendre… Nous espérons pouvoir compter sur eux… Nos lignes leur sont ouvertes…

CR – 17 janvier 2017

Voir

http://eau-iledefrance.fr/neuilly-sur-marne-pollution-par-lusine-des-eaux/

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